Discours de M. Bernard Kouchner :
"Aux côtés de l’aide traditionnelle ou budgétaire, les financements innovants du développement se sont imposés comme une réponse moderne en vue d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Qu’ils relèvent de contributions volontaires canalisées par les Etats, de mécanismes de marché, de taxes assises sur des activités mondialisées comme le transport aérien ou de mécanismes de préfinancement par le secteur privé dont le remboursement est garanti par les Etats (IFFim), ces financements ont déjà permis de lever plus de deux milliards et demi de dollars de financements supplémentaires pour le développement, en particulier dans le secteur de la santé.
Le financement du développement demeure en effet un défi pour la communauté internationale : la crise alimentaire (2007-2008) a conduit entre 160 et 200 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, dont une grande partie demeurent dans cette situation en dépit de la baisse récente des cours des produits alimentaires. Le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 850 millions en 2007 à 1 milliard en 2009. Et la crise financière (2008-2009) va rejeter, selon la Banque mondiale, entre 55 et 90 millions de personnes supplémentaires sous le seuil de pauvreté (moins de 1,25 dollar / jour).
Dans ce contexte, et à l’approche de l’échéance de 2015 sur les OMD, il importe d’œuvrer en faveur d’un véritable « changement d’échelle » pour le financement du développement, avec des flux plus stables et prévisibles, en complément de l’aide publique au développement traditionnelle.
Plusieurs pays se sont intéressés aux solutions susceptibles de répondre à ce défi. 59 d’entre eux, accompagnés des principales organisations internationales et ONG, travaillent au sein du Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement.
En mai dernier, lors de réunion de ce Groupe à Paris, le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner avait proposé de réfléchir à une contribution pour le développement fondée sur les transactions financières internationales. Depuis, le débat a gagné les enceintes internationales, notamment l’Union européenne et les Nations unies. Le G20 a quant à lui demandé au FMI de réfléchir à la façon dont le secteur financier pourrait contribuer aux charges liées aux interventions des Etats pour faire face à la crise financière (Pittsburgh, para 16).
C’est dans ce contexte que Bernard Kouchner a présidé jeudi 22 octobre au Quai d’Orsay, une importante réunion ministérielle du groupe de travail "Transactions financières internationales et développement".
Lire la déclaration finale de la réunion (22 octobre 2009
Financements innovants : le rôle de la France
Site internet du Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement