Gallipoli : un souvenir de guerre franco-australien [en]

L’Expédition française à Gallipoli, organisée conjointement avec le haut commandement britannique aurait dû être une expédition « à part » dans le cours de la Grande Guerre. L’objectif était de démanteler rapidement l’Empire Ottoman en débarquant aux Dardanelles pour ensuite marcher sur Constantinople. Le Gouvernement français s’était donc préparé à une expédition de type coloniale : les troupes étaient composées de Zouaves –soldats européens d’Algérie- et de tirailleurs sénégalais – soldats « indigènes » de l’Afrique de l’Ouest.

Le 25 avril, côte à côte avec les Australiens et l’ensemble des troupes britanniques, les Zouaves et les Tirailleurs sénégalais débarquent à Gallipoli sous le déluge de feu des Turcs équipés avec de l’armement allemand. En quelques jours, une guerre de position s’établit à 5km de la plage : tranchées et barbelés barrent la route vers Constantinople et le Canon surnommé par les Français « Orient Express » répond au Canon de 75.

Les Britanniques et les Français, qui projetaient une guerre courte pour à la fois affaiblir la Prusse en la privant d’un de ses alliés et se partager l’Empire ottoman, ont en fait ouvert un second front, identique au Western Front et que l’on allait appeler le Front d’Orient : Gallipoli devient partie intégrante de la Grande Guerre.

En mai 1916, les troupes françaises se retirent peu à peu pour aller combattre en Macédoine puis à Sébastopol en 1919 contre les Bolchéviques et les Australiens s’embarquent pour Marseille et les champs de bataille de la Somme qu’ils atteignent en mars 1916.

Gallipoli a été le premier moment de contact entre les Australiens et les Français pendant la Grande Guerre : combats, deuils, prisons ottomanes pour les prisonniers de guerre mais aussi bains de mer partagés sur les plages de Gallipoli et sous le feu des troupes turques !

Malgré des pertes humaines équivalentes, la France et l’Australie ont des mémoires opposées de Gallipoli : moment fondateur pour la nation australienne, les Dardanelles, demeurent aux marges de la mémoire nationale française : Européens d’Algérie et tirailleurs sénégalais n’ont en effet retrouvé leur place mémorielle que depuis la Commémoration du Centenaire de la Grande Guerre.

Dernière modification : 20/03/2015

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