Bachelor à la française : les raisons d’un succès [en]

Depuis 7 ans, l’offre de ces cursus niveau bac +3 a explosé, passant du commerce à de nombreux autres secteurs comme le luxe, l’architecture ou l’océanographie.

Détournement du Bachelor des universités anglo-saxonnes – dont les universités australiennes- le Bachelor à la française est arrivé discrètement dans l’hexagone, à la fin des années quatre-vingts dans quelques écoles de commerce comme Toulouse Business School pour s’imposer aujourd’hui comme une alternative aux cursus classiques des grandes écoles. Cette offre de formation de trois ans après le bac est proposée par plusieurs centaines d’écoles privées qui bénéficient d’accréditations Internationales (Equis, AACSB). Elle est conçue pour une intégration rapide sur le marché du travail, national ou international : cours en anglais dispensés par des professionnels à la pointe de leur métier, stages dans des entreprises en France ou à l’étranger et échanges à l’international de plusieurs mois dans des établissements partenaires de renom comme les universités du Go8 : ANU et University of Queensland (ESSCA business School Angers), Monash University (European Business School EM-Lyon) University of Adelaïde (Audencia Nantes), University of New South Wales (Neoma Business School Reims et Rouen), University of Sydney (Grenoble Ecole de Management) ou University of Western Australia (ESC Bourgogne).

Pour les bacheliers et dans un contexte de crise structurelle du marché de l’emploi, le succès du Bachelor à la française s’explique par un accès à une grand école, sans passer par les classes préparatoires et avec la quasi-certitude de trouver un emploi en moins de six mois. Quant aux employeurs, en particulier PME et PMI, ils apprécient ces cadres intermédiaires, moins coûteux en rémunération que des titulaires de Master, opérationnels et ouverts à la mondialisation avec une spécialisation dans le commerce, le luxe, le tourisme, l’ingénierie aéronautique, l’architecture, le management en sports, l’océanographie, voire la coordination en environnement.

"Appellation non contrôlée", le Bachelor à la française -à l’exception de six diplômes- ne bénéficie pas de la reconnaissance du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Toutefois, les CCI apportent un financement et une labellisation à 75 bachelors et plusieurs grandes écoles comme Sciences Po ainsi que plusieurs instituts d’études politiques (Grenoble, Rennes) ont créé des Collèges universitaires avec une offre de Bachelors réservée à des étudiants sélectionnés sur des critères exigeants.

Pour ces écoles privées, le Bachelor à la française est aussi un choix stratégique. Opportunité de montée en gamme de l’image à l’international, ce diplôme leur procure de nouvelles sources de revenus grâce au vivier gigantesque des étudiants des classes moyennes et supérieures des pays émergents. Et cela avec un avantage compétitif : si l’on prend l’exemple de l’Australie, les écoles de management françaises à la réputation bien établie sont très concurrentielles à l’international avec des droits d’inscription de 12000€ à plus de 30 000€ face à des universités "down under" qui vendent leurs Bachelors 75 000$ à plus de 100 000$ (>50000€ à > 75000€).

Dernière modification : 12/03/2015

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